Clin d'oeil de printemps!

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Domi
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Clin d'oeil de printemps!

Message non lupar Domi » jeu. 10 avr. 2008, 15:45

la neige fond un petti peu !!! ici donc un petit clin d'oeil :;) :siffle:

Intarissable, il est intarissable sur le sujet. En vrac, cela donne les extraits suivants : "C'est une nourriture de lapin à la fleur absolument moche ; c'est sauvage, hors contrôle ; ça fait pisser au lit ; c'est une herbe amère, proche cousine de la chicorée, son goût n'a rien de naturel ; ça pousse au printemps, et c'est une bonne nouvelle ; on l'appelle aussi "dent-de-lion" ; c'est une plante hautement symbolique..."

C'est justement pour tout ça que le "pissenlit rend heureux". Mieux, insiste Eric, "la vie est pissenlit". Voilà sa passion. Il a appris auprès de son père Georges comment cueillir les bonnes espèces, par exemple celles qui poussent sur les taupinières : en traversant la terre, les pissenlits blanchissent, ils n'en sont que meilleurs.

Ne reste plus qu'à les accommoder. Rien n'est plus simple, un charme supplémentaire du produit. Dans sa version basique de chez basique, tout le monde les a pratiqués en salade avec des oeufs durs. Avec des lardons aussi. Vivant heureux à Clermont-Ferrand, Eric choisit du lard auvergnat, le "ventrèche", "un vrai produit exotique pour les Parisiens". Il en fait griller des morceaux dans la poêle, ajoute du vinaigre et poivre. Quand le lard est à point, il verse le contenu de la poêle directement sur le pissenlit, "ce qu'on appelle "fatiguer la salade"".

Sa version préférée reste le pissenlit au tendron de veau, "une viande pas chère en plus". Là encore, Eric en fait griller des morceaux dans une poêle avec un zeste de fleur de sel. Il verse un verre de vin de blanc, "ou d'eau, c'est comme on veut" : "un caramel se forme au fond de la poêle, délicieux". Pour le plaisir, il ajoute quelques morilles. Puis jette les pissenlits dessus, "en moins de deux minutes, c'est prêt et excellent". Dernier argument, qui n'est pas pour lui déplaire, "le pissenlit est un plat du pauvre".

Voilà, il en dirait plus encore, mais il n'a pas le temps. Sauf de raconter que, un dimanche récent, il en a acheté à "une charmante petite vieille sur le marché de Clermont-Ferrand" : "Ils étaient blancs comme des endives." Pissenlits gourmandises.
Bruno Caussé
Article paru dans l'édition du 10.04.08.
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