Marcus Manilius ...

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obelix
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Marcus Manilius ...

Message non lupar obelix » sam. 13 déc. 2008, 21:51

Rien que pour le plaisir, un extrait des écrits de Marcus Manilius, "les astronomiques" (livre I) . Ces écrits datent de la fin du règne dAuguste, aux alentours de l'an 0 . :invis:

(...) La sagacité de l'esprit humain n'avait pas encore enfanté les arts; la terre ne fournissait point aux besoins d'habitants qui ne la cultivaient pas; l'or était enseveli dans le sein des montagnes désertes ; des mondes nouveaux étaient séparés de nous par un océan qu'on ne fréquentait point; on n'osait confier sa vie à la mer, ni au vent ses espérances; et chacun était content du peu de connaissances qu'il avait. Mais quand la succession des siècles eut exercé l'esprit des mortels, que la peine eut donné l'essor aux réflexions, que la Fortune, en contrariant les désirs de l'homme, l'eut convaincu de la nécessité de veiller à son bien-être ; les intelligences s'appliquèrent à l'envi à différents genres d'études, et tout ce qu'une expérience raisonnée fit découvrir devint une source d'utilité publique, par le plaisir que chacun se fit de communiquer le fruit de ses recherches. Alors le langage barbare se polit et s'assujétit à des lois; la terre cultivée produisit toute espèce de fruits; le navigateur inquiet affronta des flots inconnus, et facilita le commerce entre des nations qui ne se connaissaient pas. De la, bientôt, on vit naître l'art de la guerre et les occupations de la paix; une connaissance acquise par l'expérience étant nécessairement le germe d'une découverte nouvelle. Et, pour ne point m'arrêter sur des objets généralement connus, on parvint à entendre le langage des oiseaux, à lire l'avenir dans les entrailles des victimes, à faire périr les serpents par des enchantements, à évoquer les ombres, à ébranler l'Achéron jusque dans ses plus profonds abîmes, à changer le jour en nuit et la nuit en jour : l'industrie de l'homme, toujours susceptible de nouveaux progrès, tenta tout, vint à bout de tout, et ne mit un terme à ses recherches qu'après avoir pénétré jusqu'au ciel, qu'après avoir surpris la nature dans ses plus profondes retraites, qu'après avoir compris tout ce qui est. On sut alors pourquoi les nuages, en se heurtant, produisent un si terrible bruit ; pourquoi la neige de l'hiver a moins de consistance que la grêle de l'été : on connut la cause des volcans, des tremblements de terre, de la formation de la pluie, de l'impétuosité des vents; et l'esprit éclairé cessa d'admirer ces effets naturels comme des prodiges. Arrachant à Jupiter sa foudre et le droit de tonner, il attribua le bruit du tonnerre aux vents, et le feu de l'éclair aux nuages. Après avoir ainsi restitué les effets à leurs véritables causes, l'homme s'appliqua à étudier l'univers au centre duquel il est placé; il voulut connaître tout ce que renferme l'étendue du ciel : il décrivit la forme des signes célestes; il les désigna par des noms convenables; il détermina les lois qui règlent leurs divers mouvements : il découvrit que tous les événements de la vie sont subordonnés à la puissance et à l'état actuel de l'univers ...

J'ai trouvé que ce texte est encore d'actualité ...

Obe ...

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Solem lucerna non ostenderent

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