l'éleveur bio qui jette l'éponge

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Domi
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Message non lupar Domi » mar. 02 déc. 2008, 11:53

«Ecœuré», l'éleveur bio du Puy-de-Dôme jette l'éponge

Jean-Hugues Bourgeois avait été visé par plusieurs actes de vandalisme et sa famille menacée de mort. Il a finalement vendu son troupeau et s'apprête à quitter la région.

Il a fini par céder. Découragé par les menaces de mort et les actes de vandalisme visant depuis des mois sa famille et sa ferme, Jean-Hugues Bourgeois un jeune éleveur du Teilhet, petite localité du Puy-de-Dôme, a finalement décidé de jeter l'éponge et de quitter la région. «Je suis fatigué, écœuré, j'ai donc décidé de quitter le village», a-t-il déclaré lundi. L'agriculteur de 29 ans a vendu la semaine dernière son troupeau de 35 chèvres et de 170 brebis. «Ma famille est soulagée», a-t-il ajouté, la voix lasse, précisant qu'il était actuellement «à la recherche d'une ferme ailleurs» pour y poursuivre son activité. Début octobre, il affirmait pourtant ne pas souhaiter partir.

Originaire des Hautes-Alpes, Jean-Hugues Bourgeois, sympathisant de la Confédération paysanne et de la mouvance altermondialiste, s'était installé début 2006 dans le Puy-de-Dôme où un agriculteur local proche de la retraite, Georges Message, lui avait loué une cinquantaine d'hectares pour y faire de l'élevage bio et des céréales. Depuis le début de l'année, il avait été la cible de menaces de mort et d'actes de vandalisme quasi incessants.

Son principal tort aurait été de contrarier les projets d'agrandissement prêtés à plusieurs agriculteurs de Teilhet.

Peu avant la rentrée scolaire, il avait reçu une lettre en forme de cercueil contenant des menaces de mort et de viol contre sa fille de 8 ans. La mère de la fillette avait également été menacée. Auparavant, fin mars, son troupeau de chèvres avait été tué au pistolet d'abattage et, en août, le bâtiment où il entreposait son foin avait été détruit dans un incendie volontaire.

Un autre incendie emportait en octobre une grange lui appartenant. Début novembre, l'une de ses agnelles avait été retrouvée morte.
Les analyses toxicologiques ont révélé que l'animal avait été empoisonné avec un produit actif «que l'on retrouve dans la mort-aux-rats», a-t-on appris de source judiciaire.

Ultimatum au propriétaire des terres



Dimanche encore, entre 150 et 200 personnes se sont réunies à la salle des fêtes du Teilhet pour apporter leur soutien au propriétaire des terres. Georges Message venait de recevoir un courrier lui fixant un ultimatum expirant ce lundi, et proférant des menaces à son encontre s'il ne récupérait pas les terres qu'il louait au jeune agriculteur, selon les explications de ce dernier. Selon l'éleveur, Georges Message lui avait confié «ne pas vouloir céder à l'ultimatum».

Le maire de la commune, Bernard Duverger, a affirmé «respecter le choix» fait par le jeune agriculteur. «On pourrait dire que d'un côté, en prenant cette décision, il a préservé sa famille, et d'un autre côté, on pourrait lui reprocher d'avoir cédé au chantage. On ne peut pas se mettre à sa place», a déclaré l'élu qui a régulièrement rappelé le nécessaire respect de la présomption d'innocence des adversaires supposés du jeune éleveur.

Le 4 septembre, le procureur de la République de Riom, a ouvert une information judiciaire contre X pour mort donnée volontairement à des animaux domestiques, destruction par incendie volontaire et menaces de mort.
Les gendarmes sont toujours à la recherche des coupables et l'enquête «se poursuivra», selon une source judiciaire.

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Message non lupar peqa » mer. 03 déc. 2008, 14:13

Oui Domi, je trouve cette affaire dramatique. On se croirait 2 siècles en arrière...
Il y a déjà eu mort d'homme, en France, dans ce genre de situation...
La civilisation avance bien sûr, mais bien lentement!
Quant au civisme et au repect d'autrui...ça bouge, mais sans doute pas dans le bon sens!
A bientôt
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Message non lupar kouste » lun. 08 déc. 2008, 14:15

Complètement dingue cette histoire !

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Re: l'éleveur bio qui jette l'éponge

Message non lupar Domi » ven. 12 déc. 2008, 11:48

La c******** humaine a gagné ! Lors de la manifestation de soutien ce dimanche à Teilhet la rumeur du départ de l’agriculteur bio était vivace. Ce lundi, Jean-Hugues Bourgeois a confirmé qu’il avait vendu son troupeau.

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La dépêche AFP est tombée dans l’après-midi. Le jeune agriculteur de 28 ans venu s’installer dans le Puy-de-Dôme en 2006 a décidé de jeter l’éponge. Absent du village du Puy-de-Dôme pendant la manifestation de soutien pour aller voir sa fille qu’il avait éloigné à cause des menaces, Jean-Huges Bourgeois a indiqué qu’il avait vendu la semaine dernière son troupeau de 35 chèves et 170 brebis.

Après des mois de menaces et d’intimidation, début novembre une agnelle avait encore succombé à un empoisonnement à la mort-aux-rats, l’agriculteur bio n’a plus la force et l’envie de rester dans le village : "Je suis fatigué, écoeuré, j’ai donc décidé de quitter le village. Ma famille est soulagée."

Jean-Hugues Bourgeois est actuellement "à la recherche d’une ferme ailleurs" pour y poursuivre son activité. Une ferme sans aucun doute très loin de cette Auvergne si pitoyable et refermée sur elle-même.

Il reste de cette histoire des questions, bien entendu sur l’identité des coupables, mais aussi sur le peu de soutien affiché par certains élus, sur une enquête qui n’avance pas. Il en reste aussi une image peu glorieuse de notre région. A quoi bon dépenser de l’argent en communication et en politiques d’accueil après une telle affaire !

Souhaitons bon courage à Jean-Hugues Bourgeois, que sa nouvelle région soit plus accueillante et rappelons aussi que tous les auvergnats ne sont pas comme ça...

Mise à jour : C’est Michel Message, le propriétaire des terres que louait Jean-Hugues Bourgeois qui a racheté le troupeau. Il a aussi décidé de reprendre les terres et de ne pas les qualifier à la SAFER.
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Re: l'éleveur bio qui jette l'éponge

Message non lupar S'TV » sam. 13 déc. 2008, 17:10

Triste et révoltant...

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Re: l'éleveur bio qui jette l'éponge

Message non lupar Le Séquane » sam. 13 déc. 2008, 18:54

La bêtise humaine et l'univers son infini... et encore pour l'univers je suis pas sur...
On n'hérite pas de la Terre
On la garde pour nos enfants


Attention, à force de mettre de l'huile sur l'élastique il déborde,
et c'est la goutte d'eau qui met le feu aux poudres !!!

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Re:Agriculture Bio + Eleveur Bio

Message non lupar Domi » mer. 07 janv. 2009, 15:06

L'agriculture bio en train de germer

Par Diana SEMASKA
Eco-life.fr

La France veut consacrer 6% de ses surfaces agricoles à l'agriculture biologique d'ici à 2012. Cette dernière se voit reprocher une baisse de la productivité. Un a priori qui ne prend pas en compte la notion de durabilité. L'agriculture biologique pourrait en effet représenter l'avenir de la production planétaire. Et réduire l'écart entre les pays riches et les pays en voie de développement.

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La généralisation de l'agriculture bio devrait permettre aux pays en développement d'augmenter leur rendement. (Reuters)

Nous sommes en 2050. Le triplement des surfaces agricoles consacrées à l'agriculture bio - à la demande du Grenelle de l'Environnement trente ans auparavant - a été largement dépassé. Plus besoin d'engrais chimiques.
Les agriculteurs cultivent leur blé en alternance avec du pois fourrager, une légumineuse qui nourrit le sol en azote. L'appel de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation) de 2007, qui invitait à faire du bio une priorité internationale, a porté ses fruits. Les grands gagnants sont les pays en voie de développement.
Au Burkina Faso, les rendements ont triplé, sans recours au défrichement de forêts. Fruits et légumes, de meilleure qualité, nourrissent les populations locales au lieu d'être exportés. L'érosion des sols, due aux jachères, a été stoppée; tandis que les abeilles, pas rancunières, sont revenues polliniser les fleurs de coton.

Nourrir le monde grâce à une agriculture bio, une vision idyllique? Nombre d'études l'estiment réaliste. En 2007, l'équipe de Carine Badgley, de l'Université du Michigan, analyse les bénéfices mondiaux que pourrait apporter sa généralisation.
Celle-ci, en prenant davantage en compte l'activité microbienne du sol, favorise l'autonomie des cultures par rapport aux intrants chimiques. L'étude montre qu' "une utilisation élargie des engrais verts permettrait de produire chaque année 58 millions de tonnes d'azote de plus que la quantité totale d'engrais synthétiques azotés utilisés dans le monde, sans augmenter les surfaces cultivées". L'agriculture bio redonne à la diversité sa juste valeur.
Les insectes auxiliaires ont là un rôle-clef. En protégeant les cultures contre les ravageurs (pucerons, mouches...), les coccinelles, guêpes et autres coléoptères ont l'avantage d'éviter l'usage de pesticides. Donc, de diminuer les risques de maladies professionnelles.

"Pour que l'agriculture bio se banalise, il faut travailler sur les prix"

Trois à cinq ans sont nécessaires pour qu'un sol s'habitue aux nouveaux traitements, ce qui s'accompagne d'une baisse de rendement pour l'agriculteur qui souhaite se convertir à l'agriculture bio. "Plus l'agriculture est intensive, donc dépendante des intrants, plus on observe une diminution des rendements durant les premières années", explique Stéphane Bellon, agronome à l'Inra (Institut national de recherche agronomique) d'Avignon, qui commente l'étude de Bagdley.

Encore faut-il favoriser les transitions d'une agriculture conventionnelle vers une agriculture bio. En France, un verrou a été levé mi-septembre 2008, lorsque Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, a annoncé le déplafonnement des aides à la conversion à l'agriculture bio. Stéphane Bellon ajoute que l'étude de Bagdley "fait la différence entre pays en voie de développement et pays développés". Dans les pays du sud, qui utilisent moins d'engrais chimiques que les pays industrialisés, le passage à une agriculture bio augmente clairement les rendements.

Par ailleurs, l'agriculture conventionnelle "n'est plus compétitive face aux agricultures galopantes d'Argentine, du Brésil et d'Australie", selon Yvan Gautronneau, ingénieur agronome à l'Isara (Institut supérieur d'agriculture et d'agroalimentaire) de Lyon. "Surtout, les investissements considérables dans la filière céréalière faits dans les pays de l'ex-Union soviétique et en Chine", obligent à revoir nos modes de production.
"Les zones de production vivrière (agriculture destinée à nourrir la population locale, ndlr), qui ne sont pas si loin de l'agriculture bio, pourraient être développées aux dépens de zones agricoles industrialisées, avec un coût global moindre", avance-t-il encore. Le développement des Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) fait déjà fleurir "un autre type de relations entre consommateurs et produits", selon Stéphane Bellon. Favoriser la production locale est au coeur du concept de durabilité de l'agroalimentaire.

"Pour que l'agriculture bio se banalise, il faut travailler sur les prix - y compris celui payé au producteur", reconnaît Stéphane Bellon. La poule ou l'oeuf? Complexe, le passage à une agriculture bio devra s'accompagner d'un changement de culture tout court, d'ici à 2050.
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Re: l'éleveur bio qui jette l'éponge

Message non lupar Domi » mer. 07 janv. 2009, 18:32

Que vaut le bio des grandes surfaces ?

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Les hypers sont-ils le fer de lance de la démocratisation du bio ?
Ou au contraire le signe d'une dégradation de la filière ?

Réponse en cinq points.

• Les produits sont-ils vraiment bio ?


Oui. Avec la généralisation des produits bio jusque dans les enseignes de hard discount, le doute s'instaure. S'agirait-il d'un bio au rabais, voire d'un faux bio ? Aucune crainte.
Pour être certifié bio, tout produit doit être soumis au moins une fois par an à un contrôle (sur rendez-vous) de l'un des six organismes certificateurs français (EcoCert, Qualité France…). À cela peuvent s'ajouter des contrôles inopinés et la vigilance de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF)
. L'organisme, qui s'attache notamment à assurer la loyauté des appellations, a rarement pris le bio en défaut. Depuis vingt-trois ans, la marque AB, créée et gérée par le ministère de l'Agriculture, a prouvé son sérieux. «Les accidents sont très rares, ce qui contribue à la solidité de la marque», souligne Élisabeth Mercier, directrice de l'Agence Bio, chargée de la promotion des produits bio.

Mais malgré leur sérieux, les la bels AB ou l'européen Agriculture biologique, quasiment seuls présents en grandes surfaces, ne satisfont pas tous les consommateurs.
Les amateurs de bio les plus convaincus estiment que ces appellations ne sont plus assez restrictives aujourd'hui. Les produits portant cette mention peuvent par exemple contenir jusqu'à 4,99 % d'ingrédients non biologiques et la présence accidentelle d'OGM est autorisée à hauteur de 0,9 %. D'où le choix des puristes de privilégier des labels privés (Demeter, Nature & Progrès…) intégrant des exigences plus sé-vères.

• Affichent-ils les meilleurs prix ?

Souvent. Si 37 % des Français estiment normal de payer plus cher des produits bio (sondage CSA/Agence bio), le prix reste un frein majeur au développement de l'agriculture biologique. Or, la force de frappe des grandes surfaces, c'est justement de proposer des marques de distributeurs bio à des prix très proches de ceux des produits conventionnels de qualité.
Ce n'est donc pas un hasard si près des trois quarts des acheteurs de produits bio se fournissent en super et hypermarchés.

Malgré cette prédominance, les autres modes de distribution tirent plutôt bien leur épingle du jeu (voir tableau), notamment pour les produits frais. «Nous avons besoin de la grande distribution pour écouler une partie de nos produits et tentons de développer avec elle des partenariats, explique Henri Thépaut, président de la Fédération nationale de l'agriculture biologique.
Mais fondamentalement, l'agriculture biologique est attachée aux circuits les plus courts : vente locale ou directe.» Selon lui, ces réseaux courts permettent de faire de bonnes affaires, mais «il s'agit de trouver un prix juste, pour le consommateur et le producteur. La seule recherche d'un premier prix est incompatible avec la démarche bio».

• Proposent-ils un large choix ?

De plus en plus. Présents depuis plus de dix ans sur ce créneau, Monoprix et Carrefour ont développé les gammes les plus étoffées et lorgnent désormais du côté des cosmétiques, des textiles et des produits d'entretien. Le créneau est des plus porteurs puisque Monoprix a racheté cet été la chaîne de produits bio Naturalia et ses 34 magasins, tandis que Carrefour propose en France près de 250 produits bio sous sa marque Agir et 1 400 références de marques nationales. Intermarché et Leclerc n'ont pas tardé à suivre le mouvement.
Quant aux derniers arrivés, Auchan (en 2006) et U (fin 2007), ils tentent de rattraper leur retard en proposant chacun une centaine de produits maison. Mais attention, prévient le consultant Philippe Breton, spécialiste des marques de distributeur : «Trop de choix tue le choix. À force de multiplier leur nombre, les produits finissent par moins se vendre et l'attractivité des prix pourrait s'en ressentir.»

De son côté, la distribution spécialisée reste sereine. «Le choix que nous offrons croît plus vite que celui des grandes surfaces, souligne Christian Lafaye. Tant que les consommateurs n'achètent que 2 ou 3 produits bio, ils se contentent des grandes surfaces. Au-delà, ils préfèrent se tourner vers les spécialistes.»
Reste un problème que ni les grandes surfaces ni les magasins spécialisés n'ont réussi à résoudre : viandes et poissons demeurent trop peu présents et trop coûteux.

• Quel goût ont-ils ?

Très variable. D'une manière générale, évaluer la qualité gustative des produits est quasi impossible. Mais les chercheurs se penchent sur la question. «Concernant les produits frais, notamment les pommes, les pêches et les tomates, quelques résultats sont favorables au bio», relève Stéphane Bellon, coordinateur de la filière bio au sein de l'INRA.
Une irrigation et une utilisation d'azote plus modérée permettent d'avoir des fruits plus fermes, plus sucrés et plus riches en polyphénols.
Des avantages que l'on ne perçoit pas forcément en grande surface, pointe néanmoins le chercheur, si les récoltes ne sont pas cueillies à maturité.

Quant aux produits transformés, ils ne peuvent pas être classés par goût. Tout y est question «de conviction et d'espérance», selon l'expression de la sociologue Claire Lamine dans son ouvrage Les Intermittents du bio.
Cela n'empêche pas les consommateurs d'affûter leurs papilles et d'être attentifs à la composition des produits, très variable d'une enseigne à l'autre, même en bio.

• La filière est-elle sans défauts ?

Non. Victime de son succès, le bio en grande surface menace de se banaliser et de renouer avec les travers de la production classique. Principal problème : la trop faible capacité de production actuelle et la recherche de petits prix poussent à importer 50 % des produits. «Plus de la moitié des fruits et légumes et 40 % de l'épicerie sèche proviennent de nos voisins européens, du Maroc, de Turquie, voire de beaucoup plus loin», admet Élisabeth Mercier, directrice de l'Agence bio.
Avec, à la clé, transport et dégagement de CO2 très peu écologiques. La situation pourrait s'améliorer grâce au Grenelle de l'environnement, qui fixe à 20 % (!) l'étendue de notre surface agricole consacrée au bio, contre 2 % aujourd'hui.

Mais tout en relevant de bonnes initiatives, les agriculteurs bio restent globalement méfiants vis-à-vis de leurs interlocuteurs des grands magasins. Ils leur reprochent de trop se focaliser sur les prix.
Mais aussi de développer un marketing tous azimuts qui viderait de leur sens les produits bio. Exemples : création de produits très «pointus» (comme les chips bio aromatisées), suremballage (pour les fruits et légumes ou les produits pour les enfants en portions individuelles) et promotion à grand renfort de prospectus (même recyclés).
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Re: l'éleveur bio qui jette l'éponge

Message non lupar Domi » jeu. 15 janv. 2009, 12:50

m^me article que pour les OGM mais comme ça conserne le Bio ........... :oui:


les OGM autorisés dans les produits "bio"

Cet article a été rédigé par Bruno, un reporter d'AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.

Un label "bio" européen qui autorise les pesticides

Les produits biologiques vendus en Europe pourront dorénavant contenir des résidus d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sans étiquetage particulier, conformément à un nouveau règlement européen qui est entré en vigueur ce 1 janvier 2009.

Adopté en juin 2007 par les ministres européens de l’Agriculture, ce nouveau texte législatif autorise la présence « fortuite ou techniquement inévitable » d’OGM à hauteur de 0,9% dans les produits « bio ».
Au-delà de ce seuil, ces aliments devront être étiquetés comme contenant des OGM. En deçà, aucune indication auconsommateur n’est prévue.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Environnement belge, Benoît Lutgen, rappelle sur RTLinfo que ce nouveau règlement sur l’étiquetage des produits bio est en totale contradiction avec les objectifs de développement d’une « agriculture basée sur des liens de confiance forts entre producteurs et consommateurs et sur des produits de haute qualité ». Et pour cause !

Le règlement [1] commence par rappeler une évidence, à savoir que « les organismes génétiquement modifiés (OGM) et les produits obtenus à partir d’OGM ou par des OGM sont incompatibles avec le concept de production biologique et avec la perception qu’ont les consommateurs des produits biologiques.
Ils ne devraient donc être utilisés ni dans l’agriculture biologique ni dans la transformation des produits biologiques ».

Avant d’ajouter : « L’objectif est d’avoir une présence d’OGM dans les produits biologiques aussi réduite que possible. Les seuils d’étiquetage existants constituent des plafonds qui sont exclusivement liés à la présence fortuite et techniquement inévitable d’OGM. »

La contamination

On se souvient que deux agriculteurs spécialisés dans la culture de maïs alimentaire biologique, Julien et Christian Veillat avaient déposé une plainte car leur production avait été contaminée par des gènes de maïs transgénique, alors même que les parcelles de maïs OGM les plus proches étaient distantes de plus de 35 kilomètres de leurs champs.
Ce n’est pas un cas isolé : de nombreux autres cas sont apparus : contaminations par pollinisation, pendant la récolte, le transport, la transformation ou la distribution du produit. Il faut rappeler que la contamination d’aliments par des organismes génétiquement modifiés peut se produire tout au long de la chaîne alimentaire, tel que le démontrent les études scientifiques réalisées à ce sujet [2]. L’augmentation des cas de contaminations OGM est même extrêmement préoccupante.
Dès 2002 les Verts alertaient déjà sur la contamination lente et irréversible du territoire français par les produits transgéniques (OGM : La contamination s’étend, 9 août 2002).

Mais détecter la présence de gènes manipulés coûte cher et seules quelques grosses associations, comme Greenpeace et Genewatch le font, partiellement, et uniquement à partir des accidents de contamination identifiés.

Ce nouveau règlement européen rappelle ainsi à ceux qui en doutaient qu’on ne parle plus aujourd’hui « de risque de contamination par les OGM », la contamination par dissémination de produits transgéniques dans l’environnement est maintenant plus qu’avérée, elle est convenue : elle est en train de se produire.

Il est impossible d’organiser la coexistence entre variétés transgéniques et conventionnelles : la pollution génétique est scientifiquement inévitable.

Ce nouveau règlement étend donc aux produits « bio » les dispositions européennes déjà en vigueur depuis 2004 pour l’ensemble des aliments issus de l’agriculture conventionnelle.

Vu qu’il est prévisible qu’à terme tous les produits de l’agriculture et donc tous nos aliments seront contaminés par les organismes transgéniques, les décideurs politiques viennent donc d’autoriser la présence d’OGM, en deçà d’un certain seuil (0,9%) dans les éléments étiquetés « biologiques ».

On peut supposer que lorsque la contamination par les semences transgéniques va progresser, il suffira à nos brillants politiques de pondre un nouveau règlement permettant, d’augmenter ce seuil, de revoir à la hausse les « plafonds qui sont exclusivement liés à la présence fortuite et techniquement inévitable d’OGM » : ainsi, rêvons qu’en 2060, seront probablement considérés comme aliments issus de l’agriculture biologique des produits agricoles contenant un taux de gêne transgénique inférieur à… disons… 20%. Voire plus.
Tout dépendra probablement du degré de contamination...

Tous les scientifiques savent en effet maintenant qu’il va y avoir contamination. Une étude de Greenpeace montre clairement que la coexistence est un leurre : « les cultures d’OGM à grande échelle empêchent définitivement les consommateurs et les producteurs de choisir des produits ou des semences sans OGM. » [3]

« Ce n’est qu’une question de temps » rappelle le microbiologiste Ignacio Chapela [4].

« Ce n’est qu’une question de temps. Cela mettra, par exemple, plus de temps pour le riz, beaucoup moins propice aux croisements que le maïs, mais c’est inéluctable. On rencontre le même problème avec les espèces invasives. La « coexistence » est un concept clé inventé par l’industrie biotechnologique pour négocier le fait que la contamination génétique par les OGM est une réalité, c’est la stratégie du cheval de Troie . »

Un logo « bio » européen

Un label européen, associé à de nouvelles normes a été décidé par le Conseil des ministres de l’Agriculture des 27. Il sera obligatoire sur les emballages à partir du 1er janvier 2009 (la date a été repoussée au 1er janvier 2010)

Outre l’introduction de ce seuil controversé de 0,9%, le nouveau texte établit une série de règles fondamentales pour l’agriculture biologique en Europe. Ainsi, seules les denrées alimentaires contenant au moins 95% (en masse) d’ingrédients biologiques pourront porter le nouveau logo biologique européen.

Auparavant, pour bénéficier de cette appellation il suffisait qu’un produit fini contienne au moins 70% d’ingrédients biologiques : dans le cas contraire il était interdit de faire allusion au mot « biologique » sur un produit.

Aujourd’hui, comme l’explique Henri Thepaut, président de la FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique) : « il suffira de 5% d’ingrédients bio. Dès lors qu’on mettra une fraise bio dans un yaourt, on pourra le dire sur le paquet". »

Ce nouveau "label" aurait normalement dû faire son apparition ce 1er janvier, en même temps que le nouveau règlement, mais son introduction a été reportée.

Soyez donc patients. Il vous faut attendre encore un peu avant de pouvoir acheter des produits « bio européen » ne contenant pas plus de 5% d’OGM…

Bon appétit.
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Re: l'éleveur bio qui jette l'éponge

Message non lupar Domi » mer. 21 janv. 2009, 13:02

Eleveur bio harcelé :un suspect interpellé
le figaro.fr

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L'homme, âgé d'une quarantaine d'années, est accusé d'avoir envoyé des courriers de menaces à Jean-Hugues Bourgeois, un jeune agriculteur du Puy-de-Dôme. Il a été confondu par son empreinte digitale.


Le cauchemar a duré presque deux ans pour la famille Bourgeois. Un homme a été placé en garde à vue mardi à Paris dans le cadre de l'enquête sur les menaces et violences dont était victime le jeune éleveur depuis 2006. Le suspect, âgé d'une quarantaine d'années, a été confondu par son empreinte digitale retrouvée sur l'un des courriers envoyés à l'éleveur. Il devrait être transféré mercredi à Riom (Puy-de-Dôme) pour y être entendu par un juge d'instruction.

Les faits remontent à début 2006. Originaire des Hautes-Alpes, Jean-Hugues Bourgeois, sympathisant de la Confédération paysanne et de la mouvance altermondialiste, décide de venir s'installer dans la région des Combrailles (Puy-de-Dôme), pour y faire de l'élevage bio et des céréales.
Rapidement, il devient la cible de plusieurs actes de vandalisme et de menaces de mort anonymes. Son troupeau de chèvres est ainsi abattu au pistolet et sa grange brûlée.

Mais le plus violent reste les courriers : en septembre 2008, par exemple, Jean-Hugues Bourgeois reçoit une lettre en forme de cercueil contenant des menaces de mort et de viol à l'encontre de sa fille de 8 ans.
Son principal tort : avoir apparemment contrarié les projets d'agrandissement prêtés à plusieurs agriculteurs du village.

Le 4 septembre 2008, le procureur de la République de Riom, Dominique de Bouclans, avait ouvert une information judiciaire contre X pour mort donnée volontairement à des animaux domestiques, destruction par incendie volontaire et menaces de mort.
Malgré de nombreux soutiens de son village, le jeune agriculteur de 29 ans, découragé, avait fini par jeter l'éponge et décidé de quitter la région fin décembre 2008. « Je suis fatigué et écœuré » expliquait-il alors.
Depuis, le jeune éleveur est à la recherche d'une nouvelle ferme. Loin de Teilhet.
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Re: l'éleveur bio qui jette l'éponge

Message non lupar peqa » sam. 24 janv. 2009, 22:02

Si j'en crois la presse le suspect aurait avoué...
Ce qu'il a fait est odieux et je me demande quel sort la justice de notre pays va lui réserver!
Mais est-il possible de réparer une vie ainsi brisée?
J'ai une grande admiration pour les jeunes agriculteurs qui s'installent. Ils sont motivés et ont l'esprit sain!
Il faut certainement les aider au maximum...pour eux et pour nous!
Je souhaite que cette décision judiciaire soit un message clair et encourageant pour tous ces jeunes éleveurs.
Peqa


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