LE PAYS
www.lepays.frArticle du mardi 9 décembre
Aire urbaine
Peugeot-Citroën : premier jour sans voiture à Sochaux
L’entrée de Peugeot Sochaux un premier jour de non production. Photos Jacques BalthazardL’arrêt de la production est effectif depuis hier à Peugeot-Sochaux. La reprise n’est pas attendue avant le 5 janvier 2009. L’effet psychologique est majeur. La ville paraissait hier, elle aussi, entre parenthèses.
Si tous les regards sont braqués ces jours-ci vers Sochaux, c’est que ce site, berceau de l’industrie automobile, est pour la première fois de son histoire confronté à un arrêt total de la production en décembre.
C’est, par ailleurs, aujourd’hui encore le site industriel le plus important du secteur privé en France, avec 12 500 salariés. D’où l’intérêt des médias nationaux, voire même internationaux pour Peugeot-Sochaux.
Toutefois, les apparences peuvent être trompeuses. Hier, en début d’après-midi, sous un ciel bleu, Sochaux pouvait, si ce n’était le froid vif, faire songer à une petite cité en plein cœur du mois d’août.
Mais à y regarder de plus près, les parkings autour des usines sont loin d’être déserts.
6 000 personnes travaillent encore
D’après la direction de la communication de Sochaux, quelque 6 000 personnes travaillent encore. Le personnel non lié à la production est sur le pont, les services administratifs, ceux liés à l’informatique ou encore aux développements des produits. En attendant la cinquième semaine de congés et la fermeture totale des usines.
Pour autant, l’absence de plus de 6 000 personnes liées, elles, à la production ne passe pas inaperçue.
Dans l’environnement immédiat, cette absence a un prix dans l’immédiat. Mais, elle est ressentie bien au-delà de Sochaux, en particulier dans le nord Franche-Comté comme une menace bien réelle.
On a pu le mesurer au cours des semaines passées. L’arrêt de la production à Sochaux a des conséquences sur l’ensemble de la filière automobile, à un point tel que bon nombre de fournisseurs de proximité ont cessé toute activité depuis le 6 décembre dernier. Non pas seulement parce qu’aucune voiture ne sort depuis hier des deux systèmes de montage de Sochaux, mais que la plupart des constructeurs automobiles européens sont à l’arrêt ou en passe de cesser toute activité.
Une deuxième vague est attendue chez les équipementiers automobiles au début de la semaine prochaine (certains secteurs de Faurecia, Visteon, Lisi), mais aussi chez des sous-traitants.
Aussi, tout le monde s’accorde à reconnaître que « Le plus dur est à venir ». Il se mesurera par des pertes de salaires substantielles chez les sous-traitants.
Rentrée retardée à Mulhouse
Il se mesurera aussi par des défaillances d’entreprises, une forte montée du chômage.
Il se mesurera enfin par des séances de travail annulées au cours du premier trimestre aussi bien à Mulhouse (les 6, 7 et 8 janvier 2009 pour le montage de la Citroën C4) qu’à Sochaux, et sans doute même du retard dans les lancements des nouveaux modèles.
2009 ne s’annonce pas, en tout état de cause, comme un long fleuve tranquille dans le nord Franche-Comté.
Jacques Balthazard