Les jeunes agriculteurs n'ont plus peur de s'installer

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Thierry39
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Les jeunes agriculteurs n'ont plus peur de s'installer

Message non lupar Thierry39 » mar. 22 avr. 2008, 13:23

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Article du mardi 22 avril 2008


Les jeunes agriculteurs n'ont plus peur de s'installer

Pour la troisième année consécutive, les chiffres des installations sont en hausse, et près d'un candidat sur deux ne vient pas d'un milieu agricole.


«On observe un retournement de tendance. Nous avons plus de candidatures depuis trois ans et plus de jeunes qui ne viennent pas de famille d'agriculteurs », déclare Jacques Louis, le directeur de l'Adasea, l'association départementale pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles du Jura, qui encadre les nouvelles installations.
Le programme régional d'installation de Franche-Comté semble donc porter ses fruits. « La politique est de faire de la région une terre d'accueil, explique Jean-Yves Graby, technicien en installation hors cadre familial à l'Adasea. On voyait la population agricole baisser. Pour pallier ce déclin, on a essayé d'attirer des jeunes d'autres milieux ». Plusieurs dispositifs ont donc été mis en place. Beaucoup de communication dans les lycées sur les métiers de l'agriculture, une aide financière régionale spécifique pour ce public, une enquête régulière sur le terrain afin de détecter les cessions de fermes et guider les transmissions.
Résultat : en 2007, près d'un nouvel exploitant sur deux ne vient pas d'une famille d'agriculteur. « Les futurs agriculteurs sont de plus en plus diplômés et présentent des projets très réfléchis, parfois originaux, constate Nathalie Destephen, animatrice de stages à l'ADFPA, l'association départementale de formation et de perfectionnement en agriculture. Beaucoup ne viennent pas de ce milieu, ils ont toujours voulu faire ça ou changent complètement de vie. » Des projets solides, car dix ans plus tard, plus de 85 % des exploitations sont toujours là.

La tendance est à l'agrandissement des fermes
Le profil classique reste cependant bien représenté. Ainsi, comme Raphaël Chamouton, un jeune fils d'agriculteur de 22 ans, beaucoup s'installent en société familiale dans une production de lait, après une formation universitaire agricole. Raphaël a créé un GAEC (groupement agricole d'exploitation en commun) avec ses parents en mars dernier à Pimorin. Il a racheté des vaches et du terrain à une agricultrice qui partait à la retraite, et profite des installations familiales pour investir dans des outils technologiques plutôt que dans les bâtiments. Les jeunes doivent également s'adapter à un métier qui a changé. « Certains sont déçus quand ils se rendent compte qu'être agriculteur, ce n'est plus passer tout son temps avec les bêtes, raconte Raphaël. Personnellement, j'aime beaucoup le travail de gestion, qui représente bien 40 % de notre journée maintenant. »
Cette vitalité n'est pourtant pas suffisante pour Jean Chey, président du Modef-Jura (mouvement de défense des exploitants familiaux). « Il n'y a toujours pas assez de nouvelles installations, explique-t-il. De plus, la tendance est à l'agrandissement des fermes. Le modèle jurassien était idéal, des productions de qualité dans des exploitations de taille moyenne. Or de plus en plus, les fermes s'agrandissent. On ne peut pas dire qu'il y a une vraie politique d'installation. Pour cela, il faut, avant tout, une politique de prix qui garantisse au producteur de vivre au maximum de ses produits. Il faut être plus ambitieux. »
« La tendance lourde est à l'agrandissement, confirme Michel Baudot, technicien en installation familiale. Mais les jeunes ne veulent plus forcément travailler comme leurs parents. Ils veulent s'associer, pour avoir leur week-end, et la rentabilité d'une exploitation passe aussi par l'adaptation des bâtiments et parfois l'agrandissement. On essaie de naviguer entre toutes ces contraintes. »
Le dynamisme actuel vient en partie de l'attraction pour des projets de vie rentables en milieu rural, et la hausse des prix agricoles ne gâchent rien. « On revient à une agriculture nourricière, analyse François Lavrut, président de l'Adasea. Les producteurs bénéficient de cette hausse qui redonne de la lisibilité et des perspectives à l'agriculture. »

Sarah Fréquelin


REPERES

> Environ 2 000
Exploitations dans le Jura
> 110
Départs à la retraite chaque année
> 81
Installations en 1996, 42 en 2004 et 50 en 2007
> Sur les 50 installations
La moyenne d'âge est de 28 ans. Cinq exploitants ne sont pas originaire de Franche-Comté. Trois sont en plaine, trente-cinq en zone défavorisée et douze en montagne. Quarante et un hommes et neuf femmes. Vingt-quatre sont en hors cadre familial (48 %). Trente producteurs de lait, six viticulteurs, un éleveur de chèvres, deux éleveurs de chevaux, cinq maraîchers, un apiculteur, deux céréaliers

Le long parcours du demandeur de fonds

Pouvoir bénéficier des aides à l'installation requiert patience et organisation. L'Adasea (association départementale pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles), une association de cinq salariés, est l'un des interlocuteurs incontournables.
Son conseil d'administration est composé entre autres de membres de la chambre d'agriculture, la direction départementale de l'agriculture, des syndicats ou encore du Crédit agricole.
Les aides comportent entre autres une Dotation jeune agriculteur, d'environ 15 000 euros, ainsi qu'un prêt à taux réduit. Pour y avoir droit, beaucoup de papiers et d'obligations à remplir. Entre autres, présenter un budget prévisionnel solide de la future exploitation qui devra dégager au moins un Smic, s'engager à rester agriculteur pendant au moins cinq ans, suivre un stage de six mois à plus de 50 km de chez soi, ou encore participer au Stage préparatoire à l'installation organisé par l'ADFPA (association départementale de formation et perfectionnement en agriculture).
Pour encourager l'installation en hors cadre familial, une dotation supplémentaire de 9 000 euros a été créée par la Région ainsi que le financement d'un stage de travail avec un ancien exploitant agricole.
L'accompagnement est chirurgical. Chaque projet est suivi et bénéficie parfois d'une application plus souple des règles, comme l'attribution des quotas laitiers.
Image
Tu m'prends t'y pour un idiot, de pas m'être renseigné là-d'ssus ? Un litre de vin chaque midi qu'on a droit ! et la chopine le soir !

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