Les derniers seront Francs-Comtois

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Mitch
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Les derniers seront Francs-Comtois

Message non lupar Mitch » lun. 05 nov. 2012, 14:46

Le Général Soriano, commandant la 7e Brigade blindée dont l’Etat-major se situe à Besançon, s’apprête à s’envoler avec 600 soldats bisontins et belfortains en Afghanistan. Avec comme principale mission le désengagement des matériels et des troupes, promis par le président de la République.

La Terre de chez nous : Alors que l’on évoque régulièrement le retrait de nos troupes en Afghanistan, voilà que 600 soldats francs-comtois, placés sous votre commandement, s’envolent ces prochains jours pour ce théâtre d’opérations. Il y a comme quelque chose qui cloche, non ?
Général Francisco Soriano, commandant la 7e brigade blindée :
Pas du tout. Je vous explique. Notre projection en terre afghane était prévue avant l’annonce par le président de la République du désengagement de nos troupes. Le président Sarkozy avait fixé cette échéance à la fin 2013. Le président Hollande, lui, a ordonné un nouveau calendrier avec fin 2012. Pendant ce temps-là, nous avons transféré aux Afghans la souveraineté de la Kapisa puis dans quelques jours de la Surobie.
Au début de l’année, on comptait quelque 4 500 soldats français sur le territoire afghan. Aujourd’hui, nous en recensons 2 250 et ils devraient être 1 450 au 1er janvier prochain. De notre côté, nous assumons la relève de nos camarades, qui, eux, sont sur ce théâtre depuis 8 mois. Notre mission devrait durer entre 4 et 6 mois.

TCN : Cette mission de désengagement n’étant pas prévue initialement, en tout cas pas pour votre campagne, on se doute que cela a dû bouleverser vos plans…
Général Soriano :
Effectivement, notre ordre de mission a évolué. À l’État-major de s’adapter pour donner des instructions claires et efficaces à nos unités. Si nous continuons à mentorer, c’est-à-dire former et encadrer, l’armée nationale afghane, à diriger
un laboratoire dédié aux IED (engins
explosifs improvisés), à protéger nos sites et nos convois, on devra par ailleurs assurer le désengagement logistique du théâtre.
Globalement, il n’y a pas de différence sur le plan de la préparation militaire pour nos unités. Le degré d’exigence reste le même.

TCN : Ce fameux désengagement matériel et humain est une opération délicate que les esprits chagrins jugent très complexe et donc irréalisable dans le délai ordonnée...
Général Soriano :
Tout d'abord, quel itinéraire prendre pour le chemin retour ? Voie terrestre, maritime, aérienne... La France disposait de multiples options pour assurer ce désengagement. Ici se mêlent des arguments économiques, sécuritaires, diplomatiques ! On parlait effectivement d'une opération chaotique. Il n'en est rien. Tout d'abord, la France a retenu la voie aérienne. Certes, c'est la solution la plus coûteuse, mais la plus rapide et la plus fiable en matière de sécurité. Nous mettrons alors en oeuvre nos gros porteurs. D'ailleurs, et pour d'autres raisons, la responsabilité de l'aéroport de Kaboul est actuellement confiée à l'armée française. Aujourd'hui, nous sommes dans les temps. Le calendrier est respecté. Outre le matériel, notre brigade désengagera 1000 hommes du théâtre. Je vais vous faire une confidence : ce désengagement est suivi de près par les autres nations, qui devront elles aussi l'opérer à plus ou moins long terme.

TCN : Dans les rangs, on entend ici et là que les armes fournies sont quelque peu obsolètes, comme le célère Famas. Sauf que vos hommes sont parmi les premiers à avoir touché l'équipement Félin, une arme high-tech...
Général Soriano :
Félin, qu'est-ce que c'est ? C'est l'arme du combatant du futur, un fusil upgradé. Il offre une capacité de tir plus lointaine, de nuit et de façon déportée. Le soldat dispose là d'un véritable outil de communication. Un internet du champ de bataille, en quelque sorte. Un système complet conçu autour de trois piliers : agression, protection et communication.

TCN : Parmi les dangers que vos hommes vont tutoyer, on connaissait les IED (engins explosifs improvisés). et voilà que se développe depuis quelques mois une autre source d'inquiétude : les tirs de l'intérieur. En clair, un soldat afghan qui retourne son arme contre un soldat de la coalition internationale. Inquiétant, non ?
Général Soriano :
Vous avez raison. Il ne faut pas le nier. Cette menace de tir de l'intérieur s'est amplifiée. L'insurrection a cherché une faille pour casser le lien de confiance entre l'armée nationale afghane (ANA) et les forces de l'Otan. La France a d'ailleurs subi certaines attaques. Que faire ? Tout d'abord, ces tirs de l'intérieur ne sont pas une fatalité. Premier constat. Donc il convenait de prendre des mesures passives et actives. Comme par exemple mieux déceler des signes annonciateurs d'une telle attaque ou encore davantage sensibiliser l'ANA.

TCN : Les quelque 600 soldats franc-comtois seront donc les derniers à fouler le sol afghan...
Général Soriano :
Pas tout à fait. Si les missions dites combatantes se terminent à la fin de l'année, d'autres se poursuivent jusqu'en 2014. A savoir la formation de l'armée afghane, le soutien santé ou encore la lutte contre les IED. Ce qui représente environ 500 soldats.

TCN : Dernière question : le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, vient de pousser un coup de gueule contre le système informatique Louvois gérant la solde des militaires. Un logiciel connaissant de sérieux ratés, entraînant de lourds retards dans leurs versements. On imagine que votre brigade est impactée ?
Général Soriano :
Malheureusement oui ! Toute l'armée est touchée, quels que soient les brigades ou les grades. A l'échelon local, dès qu'un soldat constate une anomalie, il nous la signale pour une régularisation directe. Au plan national, un numéro vert a été mis en place...


Propos recueillis par Ludovic Barbossa, le 27/10/2012
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Quels régiments sur le départ ?
Par la 7ème division blindée (7600 hommes environ), dont l'Etat-Major siège à Besançon, il faut entendre 8 régiments disséminés sur la façade Est, de Verdun à Hyères. En Franche-Comté, on recense 4 régiments à Besançon, Belfort et Bourogne.
Pour l'OPEX (opération extérieure) en Afghanistan, ce sont près de 600 franc-comtois qui sont mobilisés : 35ème RI de Belfort (300 soldats), 19ème Régiment de génie de Besançon, 6ème Régiment de matériel de Besançon et l'Etat-Major de la 7ème Brigade blindée.
dura :charte: sed :charte:

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