Dominique Bourgon, belfortaine, écrit la cité

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Pieume
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Dominique Bourgon, belfortaine, écrit la cité

Message non lupar Pieume » dim. 28 janv. 2007, 12:38

"Un sens à la vie" c'est le titre de son premier livre qui vient de sortir aux éditions du seuil et qui est salué par les médias. (film documentaire sur Arte, reportage France culture ...) rn rn" Dominique Bourgon est gardienne d'immeuble dans une cité de Belfort. Un jour, devant sa fenêtre, elle a vu tomber le corps d'une jeune femme. Depuis lors, choquée par ce suicide, elle a décidé de frapper aux portes de ses voisins pour parler avec eux et apprendre à les connaître. rnrnChacun des textes de ce livre est une fiction inspirée du quotidien des habitants de la cité, de leurs existences, de leurs histoires personnelles. On découvre ainsi l'histoire de Jenko, un jeune garçon yougoslave qui emménage avec sa mère dans un appartement de la cité après avoir fui les bombardements de Sarajevo. Encore hanté par les bruits de la guerre, il croit voir dans les dessins du papier peint de sa chambre autant de snipers prêts à lui tirer dessus.rnUn autre récit nous décrit le quotidien d'une jeune femme, caissière dans un supermarché, dont les journées de travail sont rythmées par le SBAM. (Sourire, Bonjour, Au revoir, Merci). Elle est à la fois concentrée sur son devoir et observatrice infaillible de l'intimité des clients qui passent devant elle. Jusqu'au jour où le patron la convoque pour lui expliquer qu'il doit la licencier car ses SBAM sont « dévitalisés »...rnrnDans une langue tantôt poétique, tantôt fluide et romanesque, tantôt incisive, Dominique Bourgon restitue au plus juste la voix de ceux dont elle a recueilli l'histoire. Avec ses récits, elle dessine une galerie de portraits et un ensemble de situations qui montrent l'univers dur de la cité. Un univers presque déshumanisé, mais dominé malgré tout par une profonde solidarité. Avec son écriture, Dominique transpose la réalité : « Nous sommes les habitants sensibles d'un quartier sensible ». rnrnextraits de Télérama :rnrnL'ange gardiennernrnConcierge d'une cité HLM de Belfort, Dominique Bourgon évoque, dans ses nouvelles au style lumineux, les destins broyés des petites gens de son quartier. rnrnSur la petite ardoise d'école coincée près du téléphone, il y a juste inscrit : lundi Télérama, mercredi Elle, jeudi Le Pèlerin. Et bientôt il y aura, à Paris, la projection en avant-première du documentaire qu'Arte, ou plutôt Cyril Mennegun, lui consacre, puis une semaine passée avec l'attachée de presse du Seuil, pour la sortie de son recueil de nouvelles. Un emploi du temps que Dominique Bourgon aura sans doute du mal à concilier avec son travail de gardienne de la cité HLM des Glacis à Belfort. Et tandis que du haut de son 9e étage, elle couve du regard le quartier, coincé entre caserne, autoroute et cimetière militaire, elle se fend juste d'un : « Bien sûr, ça stimule pour écrire d'être entendue, cela donne des ailes. » Aucune fausse modestie dans la pose, juste l'envie qu'on se concentre sur l'essentiel : la visibilité des gens de peu.rnrnPourtant, si ses nouvelles puisent au plus profond de ce bassin d'emploi miné par la fermeture des usines, la précarisation accrue, les taux de chômage et de RMI qui flirtent avec les 80 %, elles ne se bornent pas à la compilation besogneuse et hâtive des ébréchures de la vie. Prose poétique, déambulation onirique, crudité d'une fiche signalétique policière, miniroman noir, comptine enfantine... chaque évocation trouve sa forme d'écriture. Visuels, épurés, aérés d'humour acide, les textes de Dominique Bourgon, 52 ans, transposent un quotidien fait de basculements : dans la folie, le chômage, la solitude, la violence...rnrnSans doute les réminiscences croisées d'une enfance où la vie était âpre et les livres le seul moyen de rêver. « Mon père travaillait chez Peugeot à Sochaux. Chez nous, en dehors de Nous deux et du journal, il n'y avait pas de bouquins. Le premier, je l'ai ouvert à l'école. C'était Rémi et Colette. Ça n'a l'air de rien, mais j'ai le souvenir que tout, dès ce moment, a pris une autre couleur. » rnrnBrevet en poche, fâchée avec l'institution scolaire, à 16 ans, Dominique se re­trouve à la chaîne, dans une usine de filature. « Là, on a beau avoir l'expérience du père, l'oppression, on se la prend en pleine poire », se souvient-elle. Pour échapper aux cadences, à la hargne des petits chefs, elle a « son système ». Travailler trois mois puis démissionner, et vivoter du chômage. Elle lit Artaud, Desnos, Eluard, milite chez les maos, rejoint le PC, papillonne au MLF. Dissi­mulée derrière de larges lunettes, Dominique évoque la rudesse du temps. « On manquait de bonheur. Les conditions de vie étaient dures, le patronat aussi. Militer chez Peugeot, dans les années 70, c'était prendre le risque d'être brisé. On était suivi dans la rue par les vigiles maison, la vie intime réduite à rien. » rnrnUn divorce, une formation d'auxiliaire de vie, la voilà à Belfort dans une maison de retraite. « C'est là, en 1984, que j'ai écrit pour la première fois. Au lieu du rapport de stage, j'ai témoigné de l'existence de ces vieux. Leur vie est finie, mais la mort n'est pas là. Une espèce d'entre-deux, où ils sont dans l'attente. » Licenciement, poste d'aide-soignante dans une maternité, concours de gardienne d'immeuble... l'itinéraire peut sembler chaotique. Ce serait passer à côté d'une constante qui « vertèbre » la vie de Dominique Bourgon et irrigue ses textes : être au contact des gens. « Faut qu'on se parle, qu'on se dise comment c'est. Quand votre mec vous a quittée, quand vous avez perdu votre boulot. Il suffit de prendre le temps de s'arrêter et d'écouter. » Alors, elle est là. Pour réconforter, recueillir des fragments d'histoires. « Quand je suis arrivée, une femme s'est défenestrée du 18e étage. Je me suis dit : dans combien de temps on l'aura oubliée ? Quand ne se souviendra-t-on plus des raisons de son geste ? Et j'ai songé que toutes ces histoires empilées dans le béton, il fallait qu'il en reste une trace. »rnrn« Nous sommes les habitants sensibles d'un quartier sensible », écrit Dominique Bourgon. Mue, texte après texte, par un seul ressort : faire émerger la parole dédaignée d'êtres délaissés. A nous de l'entendre." rnMarie Cailletet"

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Message non lupar Beuillot » dim. 28 janv. 2007, 15:31

Voilà qui fait plaisir!L'éditeur semble espérer des ventes conséquentes,au vu de la couverture médiatique prévue.Le livre est déjà sorti?
Si j'y suis t'été, c'est pas pour y rêtre.

Comme ça. Pour rien.


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Message non lupar Beuillot » lun. 12 nov. 2007, 2:08

Quelqu'un l'a lu?
Si j'y suis t'été, c'est pas pour y rêtre.

Comme ça. Pour rien.


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