Les coopératives d'utilisation de matériel agr

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Thierry39
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Les coopératives d'utilisation de matériel agr

Message non lupar Thierry39 » mar. 28 août 2007, 9:53

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Article du mardi 28 août 2007



Des machines et des hommes


Les coopératives d'utilisation de matériel agricole fêtent leurs 62 ans. Portrait d'une organisation ou machines et lien social s'échangent depuis plus d'un demi-siècle

Les CUMA (coopérative d'utilisation de matériels agricoles), c'est une histoire d'hommes, de machines et de corps de métier. Mis en place au sortir de la 2e guerre mondiale par la Confédération générale de l'agriculture, le réseau coopératif agricole fait découvrir aux agriculteurs l'intérêt de se grouper pour se défendre, s'organiser et investir ensemble dans les machines agricoles. Une initiative devenue indispensable face à la reconstruction du pays, la réorganisation et la modernisation de l'agriculture des Glorieuses. « On sortait d'un système autarcique et il manquait des bras dans le métier. Le seul moyen d'investir dans les machines, c'était de se regrouper » explique Didier Jasinski, animateur de la Fédération départementale des CUMA du Jura. Plus de soixante ans après, le système fait toujours ses preuves.

A tour de rôle
Dans le département, 1 500 exploitants ont fait le choix mutualiste et mettent encore en commun tous les engins de récolte, d'entretien ou de travail du sol qu'exigent quelques hectares d'une exploitation agricole. « Le Jura compte une centaine de CUMA. Elles sont petites mais très dynamiques » détaille l'animateur. Viticulteurs, céréaliers, éleveurs laitiers, chaque spécialiste du secteur primaire peut décider de s'organiser en coopérative. « Il suffit d'être au minimum quatre et d'être propriétaire foncier », explique Jean-Paul Crinquand, président de la CUMA Baudine, à Arbois. Pour adhérer et accéder au parc machine dont dispose une coopérative, il suffit d'acheter ensuite des parts sociales, qui donnent droit à la location. « Le volume des parts dépend de la taille de l'exploitation » détaille le président. « Elles représentent le plus souvent 20 % du prix d'achat du matériel. Les adhérents disposent ensuite des machines à tour de rôle, selon un planning défini toute les semaines ».

« On ne cherche pas le profit »
Pour les sociétaires, les avantages sont comptables et économiques. Adhérer a une CUMA c'est avoir l'assurance de maximiser son investissement dans des équipements récents. « On peut profiter de machines bien spécifiques et souvent renouvelées, pour un prix de revient rentabilisé au maximum » assurent les sociétaires. En effet, dans une CUMA, on paye la machine au prorata de son utilisation. Calculé à l'heure, à l'hectare ou au mètre cube selon les exploitations, le tarif de la location doit surtout permettre de couvrir l'investissement de départ « On ne cherche pas le profit. Il faut juste que le prix de location couvre l'amortissement de la machine, et les frais fixes d'entretien et de remboursement du prêt. Une CUMA qui à une activité comptable de zéro euro ne pose aucun problème » confie Didier Jasinski.

Heureux en CUMA
Mais ce qui fait tourner une CUMA, c'est surtout la solidarité et le lien social entre chaque adhérent. « On n'utilise pas forcement les machines sur nos propres parcelles, explique le président de la CUMA Baudine. Si un collègue voisin nous demande de travailler aussi sur la sienne, on le fait sans souci ». Il en est de même si un exploitant, malade, ne peut assurer le travail de sa terre. « Du moment qu'on a la bonne machine » s'amuse le viticulteur. Pour conserver cette unité, les structures jurassiennes préfèrent garder « une taille humaine ». Avec rarement plus de dix adhérents, les regroupements sont souvent constitués en famille ou entre voisins de terrain. « Ça nous oblige à rencontrer nos collègues et réfléchir ensemble à la gestion de nos terres. C'est comme ça qu'on est heureux en CUMA » assure Jean-Paul Crinquand. L'esprit originel, humain et solidaire semble donc avoir traversé les années sans perdre un gramme de sa force.

Marie Morlot



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Repères
> 200 000
Le prix en euros d'une moissonneuse-batteuse
> 60 000
Celui d'un tracteur 110 CV
> 110 000
Le prix d'une machine
à vendanger
> 105 000
Celui d'un enjambeur
> 20 000
Pour un épandeur





« Plus qu'une organisation, c'est un état d'esprit »


Éric Basset, 33 ans. Exploitant sociétaire à Montchauvier



« Je suis installé depuis six ans, dans un groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC). Sur mon exploitation, je fais de la polyculture, notamment de l'élevage laitier et un peu de culture. J'adhère depuis le début à deux CUMA, dont une fondée par mon père en 1982. Sans ces CUMA et l'ensemble des machines à louer, il me serait impossible aujourd'hui de gérer mon activité. Dans la coopérative, nous avons des outils de préparation du sol, deux presses, un pulvérisateur, et bien d'autres outils coûteux que je ne pourrais pas avoir pour moi tout seul. Partager l'équipement, c'est une organisation comptable particulière et un vrai investissement individuel. Et puis, les CUMA c'est pas seulement un échange de machine. Avant, les anciens prenaient le temps de discuter entre eux. Aujourd'hui, cela se perd. La CUMA devient donc un centre d'échange, car quand on rend la machine au collègue, on a toujours un peu de temps pour parler. Ça à un coté social évident. Plus qu'une organisation, c'est un état d'esprit. »
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Tu m'prends t'y pour un idiot, de pas m'être renseigné là-d'ssus ? Un litre de vin chaque midi qu'on a droit ! et la chopine le soir !

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